vendredi 17 novembre

Ephémère

Je ne veux plus payer le temps qui avance en marche ordonnée, comme le sable de la plage, il s'érode et disparaît dans l'écume. Il était vraiment beau le projet de fixer toujours les moments d'amour et de partage comme l'artiste qui tente la statuaire éphémère. Hélas, les formes harmonieuses nées de la pureté du geste perdent à chaque seconde leur grain dans la fuite de l'eau. L'édifice n'est déjà plus, il bascule vers le sol et je vois déjà sur Terre l'image de cet enfer provisoire nourri de nos espoirs qui repartent portés... [Lire la suite]
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jeudi 16 novembre

Il est des moments

Il est des moments où j'aime à me souvenir du passé, Le soir quand je longeais le fleuve fatigué et endormi. Je sortais aux premières lueurs d'Hécate, belle et délicate, pour vivre les amours naissantes sous les hauts tilleuls. Je caressais ton costume de marin et tu me souriais, nos coeurs fougueux d'adolescents résonnaient tels les tambours anciens aux peaux fermes et tendues. Voeux tendres et promesses de retour Je t'aimais de cet amour idéal que l'on croit éternel. Je t'ai dit adieu, alors  tu as lâché ma main ... [Lire la suite]
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jeudi 16 novembre

Monsieur R

Sa longue silhouette recourbée imprimait ses pas délicats Il était fin et délicat, et parlait d'horizons lointains, Il avait servi les ambassades et souriait quand il citait Marguerite Duras. Expérimenté et polissé il parcourait les tables avec la nonchalance d'un félin. Il s'arrêtait parfois auprès des jeunes filles et leur mumurait quelques paroles douces amères. Il ne voulait pas les blesser, il marquait seulement l'usure du temps qui le faisait plier à chaque vers déclamé, il vivait dans les plaisirs regrettés et déjà ... [Lire la suite]
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mercredi 15 novembre

sans haine

Sa vie, elle la voulait sans haine, sans dispute, elle était attérée à chaque fois qu'ils se confrontaient, et elle se taisait, le silence était son meilleur allié, quand lui s'acharnait à la déstabiliser. Elle ne comprenait pas ce malin plaisir qu'il prenait à la faire souffrir, simplement pour la voir grimacer sous les remarques acerbes et gratuites qu'il savait distiller avec fiel. Malmenée, bousculée elle pleurait dans son coeur déchiré, sa tête tournait, elle chancelait. Un jour, après avoir trop subi elle est partie... [Lire la suite]
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mardi 14 novembre

Un rêve

Je suis partie à l'aube du lendemain, ma vie n'était plus tracée. La route était sinueuse et rude telle  les drailles du plateau qui jalonnent les champs et parquent les troupeaux. Personne, pas une parole, juste le vent et parfois un geai qui ricanait en lisière de forêt. Les vaches alanguies n'ont même pas relevé la tête à mon passage et  ma foulée alerte et cadencée s'est estompée au crépuscule du jour, disparue soudain ainsi que l'arc-en-ciel, qui se dilue dans la rosée du matin. J'ai marché sans réfléchir et... [Lire la suite]
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lundi 13 novembre

bureaucrate

Il a un bel ordinateur, léger, pratique, tout blanc, il est assis depuis longtemps et il attend. Ses doigts courts survolent les touches il ne lève que rarement la tête car il est important. Il annonce à la vérité, cite la loi et fait signer les papiers. Jamais il n'avoue s'être trompé et pince son nez quand je le reprend. Il a un bureau, tout beau, tout pimpant, mais il n'est jamais dedans. Il n'est pourtant que le maillon d'un système froid et tentaculaire qui le tient encore droit sur sa chaise mais il n'en sait... [Lire la suite]
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lundi 13 novembre

Quand le diable s'en mêle

Il est presque à la dernière marche,  lance ses soupirs de vieillesse, murmure qu'il n'est plus vraiment beau. Comme un vieux chat malin il règne sur le quartier des ruelles, ronronne quand il a des caresses. Pourtant le plus clair de son temps il le passe à taquiner la jeunesse, sans vergogne et sans honte, il boit et rit avec les belles filles que Cupidon lui présente dans sa boutique. Il joue le mentor, s'affaire et souffle fort. Depuis peu, il parcourt la toile factice de ses réseaux, il est le spectre de ... [Lire la suite]
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lundi 13 novembre

13 novembre

Ils sont notre souvenir d'un jour, mais seront là pour toujours. Ils sont nos pleurs et nos tristesses   nous les emmenons chaque jour sur les routes qui mènent  plus loin. Ils étaient dans la fête et les sourires des rues de Paris sans l'ombre d'un souci, dans ces quartiers de rires et de musiques et dans les lumières de la vie. La barbarie nous les a pris. Je leur offre aujourd'hui les maux de mon âme et ces quelques vers qui sanglotent en moi.        
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dimanche 12 novembre

Et soudain une lumière

Au coeur de l'automne la charge des nuages a pris les armes  forte de leur puissance, elle lance leurs traits serrés en gouttes déversées. La nature, avide de cette mâne céleste se laisse abonder et se gorge sans protester. Les oiseaux en profitent pour se rassembler en nombre et partir vers les contrées glorieuses d'Afrique. Les plus frileux s'emmitouflent et forment leur groupe de résistants. Ils se revoient tous les ans en rêvant. Soudain entre les feuilles jaunies presque rubicondes un souffle divin calme les nues... [Lire la suite]
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dimanche 12 novembre

Une chevalière oubliée

L'objet est petit, comme aminci par le temps, Oublié depuis des décennies par l'indifférence et le rejet certain de ses belles initiales. En rangeant ce matin dans le noir des cartons j'ai frôlé la bague au milieu des chiffons. Comme Aladin avec sa lampe, je l'ai déposée au creux de ma main droite, et par miracle elle brillait des lettres de mon père. L'épaisseur du P signe la bonté de Papa, les courbes du S sont les chemins de sa vie, et l'orfèvre a produit un bijou tout à fait masculin, les métaux sont bruts, la gravure... [Lire la suite]
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