L'eau est pâle et grise en cet hiver,

le ponton ancestral n'est plus droit,

il chancelle et louvoie comme un

animal blessé qui voudrait échapper

à sa destinée.Pour l'abri qui se dessine

dans la brume lointaine, le passage

est étroit et risque de s'enfoncer

sous le poids presque séculaire.

L'appel est proche, les premières

notes à peine audibles tintent

régulièrement maintenant. C'est l'heure.

 

 

Théo Sauer