Les maisons de Carmague au toit foncé

semblent posées sur le sol des marais.

Leur torse trappu renferme les chants

que les gardians aiment partager souvent.

Une guitare traîne près des foyers,

les rires des femmes aux cheveux tressés

traversent l'étang aux reflets bleutés

pour s'unir aux cris des goélands argentés.

Les ajoncs bruissent au vent du Nord,

le froid hiver frise la surface de l'eau, il mord

nos joues et nos lèvres fendillées, et

 nous donne envie de rester pour chanter.

 

 

illustration : Michel Vezinet

Michel Vezinet