Le coquelicot du bord de la route

se sent seul, arrivé là par hasard

il a rougi dans le gris du macadam.

Longtemps il a déployé ses ailes

froissées, a cherché ses frères,

calme les nuit d'avril, il s'impatiente

désormais. Les fleurs blanches à

clochettes sont passées en fanfare,

il a vu des amants s'embrasser

passionnément presque à le piétiner.

Il attend et mai file ses jours, il compte

ceux qui lui reste. Bientôt il ne sera

plus qu'une herbe folle. Je me penche

et doucement je le cueille comme s'il

était un papillon, je lui caresse les pétales,

il s'envole dans les nuages rapides.

 

 

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