Maison de la poésie

A la maison de la poésie 
Je n'y  vois pas de causeuses
Ou de divan en velours beige.
Encore moins les marbres des 
Maîtres  qui nous ont marqués.
A l'entrée j'imagine des vitrines
Avec quelques manuscrits de
Verlaine ou de Char qu'un
Vieil agriculteur a retrouvés
Dans son grenier poussiéreux.
Au centre, une salle ronde aux
Néons lumineux pour les amis
Des poètes.Des gradins moelleux
Font face à un autel de bois parfumé.
Autour des bibliothèques chargées
D'ouvrages verts à la tranche dorée.
 
Des petites pièces enfin, cellules préférées
Des heureux qui ont trouvé la clé des
Mots et qui vivent là, immobiles, à créer 
Leurs mondes sur du papier gaufré 
Qu'ils liront  sans jamais cligner des yeux.